En 2009, la population vaudoise a souhaité introduire la Journée continue de l’élève. Il aura fallut 7 années pour voir cette demande concrètement traduite dans la loi sur l’accueil de jour (LAJE). Le Grand Conseil a aujourd’hui accepté d’entamer le débat, mais il reste des éléments à débattre. Si Lausanne n’est pas concernée, de nombreuses communes  ne souhaitent pas introduire d’accueil le mercredi après-midi.
Nous reproduisons ci-dessous un article de 24 Heures, rédigé par Mathieu Signorell, publié en ligne le 22 novembre 2016.

Craintes et regrets autour de l’accueil parascolaire

Grand Conseil. Le consensus porté par Nuria Gorrite laisse chaque camp mitigé. Les débats dureront plusieurs semaines. La gauche aimerait augmenter encore davantage l’offre d’accueil parascolaire. La droite craint la facture pour les communes et le contribuable, et voit un risque de déresponsabiliser certains parents.

Aujourd’hui, pour 100 écoliers de 4 à 15 ans, le Canton de Vaud ne compte que 12,7 places en accueil parascolaire. Histoire de revoir à la hausse cette capacité d’accueil, le Grand Conseil a entamé hier ses travaux autour de la loi sur l’accueil de jour. Il s’agit d’y ancrer définitivement le concept d’«école à journée continue», adopté en votation par les Vaudois en 2009.

Les débats devraient durer plusieurs semaines. Car, si une grande majorité de députés se réjouit que le projet arrive sur leur table après sept ans de négociations entre l’Etat et les communes, le projet porté par la conseillère d’Etat socialiste Nuria Gorrite provoque des regrets de part et d’autre. «Un compromis suppose qu’on renonce à une part de sa prise de position initiale», commente la ministre.

Schématiquement, la gauche aimerait augmenter encore davantage l’offre pour améliorer l’intégration des enfants et favoriser la conciliation entre vie familiale et professionnelle. La droite craint la facture pour les communes et le contribuable, et voit un risque de déresponsabiliser certains parents. «Nous n’aimerions pas qu’on tente de nous imposer un système éducatif standardisé et uniformisé», commente le député UDC Maurice Treboux.

Que faire le mercredi?

En filigrane des discours généraux d’hier, il ressort que le mercredi après-midi sera l’une des principales pierres d’achoppement. Le projet prévoit que les communes n’auront aucune obligation d’offrir un accueil pour les enfants de plus de 8 ans pour cette demi-journée en particulier. «C’est un projet réaliste, un socle minimal, qui laisse aux communes le choix d’aller au-delà», commente la libérale-radicale Christelle Luisier Brodard, syndique de Payerne et membre du comité de l’Union des communes vaudoises (UCV).

La gauche prévoit des amendements. Les Verts ont déjà esquissé le leur: «Dans cette situation, les communes devraient ouvrir une structure d’accueil dès que six enfants se trouvent sur une liste d’attente», annonce la députée Sylvie Podio en marge des débats.

Concilier vie familiale et professionnelle

Alors que la socialiste Myriam Romano-Malagrifa estime qu’«un pas important a été franchi vers une meilleure conciliation entre vie familiale et professionnelle», la vert’libérale Martine Meldem parle d’une «loi inachevée qui devra évoluer pour s’adapter aux besoins divers et contraires des familles». Jean-Michel Dolivo (La Gauche) craint les répercussions financières sur certaines familles, «soumises à d’autres charges, comme les hausses de primes maladie pour les enfants». (24 heures)

 Documents utiles :
Exposé des motifs et projet de loi
Rapport de la Commission thématique de la politique familiale